
Cette opération “fabrication et pose de nichoirs” à la ferme intercommunale de l’Hermitage à Limonest, était une initiative de Roch’nature et de la LPO/ Rhône ( Ligue de Protection des Oiseaux), soutenue par le Syndicat Mixte des Mts d’Or.
Ce jour-là, dès l’aube, des “riverains” particulièrement intéressés et curieux, étaient déjà au rendez – vous, perchés sur le fil du téléphone…
Cette opération était destinée, entre autres, aux riverains avec plusieurs objectifs : faire mieux connaitre la ferme de l’Hermitage et la problématique de l’agriculture en milieu périurbain; trouver une solution pour limiter le nombre de mouches particulièrement en très grand nombre l’année dernière; comprendre le déclin de la population d’hirondelles, exclusivement insectivore, et agir pour fixer la population d’hirondelles de fenêtre sur le bâtiment de la chèvrerie.
Une trentaine de personnes dont une dizaine d’enfants, ont participé à cette matinée. Philippe Camous, président de Roch’nature a présenté tout d’abord cette initiative, suivi par une intervention de Max Vincent qui, tout en rappelant l’action du Syndicat Mixte sur l’agriculture des Monts d’Or, a fait remarquer que Limonest est une commune encore rurale, c’ est un bienfait et qu’il fallait en accepter les petits inconvénients.
L’atelier commence… Christophe de la LPO/Rhône explique la vie des hirondelles. Chaque individu chasse en vol, entre 500 et 600 mouches par jour. Un nid accueille 4 jeunes entre avril et mai. La régression des hirondelles s’explique par plusieurs facteurs: utilisation d’insecticides qui empoisonnent les insectivores; le recouvrement des sols de ciment et goudron ne permettant plus aux hirondelles d’utiliser la boue dans les flaques d’eau pour confectionner leur nid; évolution des constructions et changement des matériaux. Les hirondelles rustiques ne retrouvent pas les étables de jadis, les hirondelles de cheminée n’arrivent plus à accrocher leur nid de boue sur les matériaux de moins en moins poreux…
Dans le secteur de la ferme de l’Hermitage, les deux types d’hirondelles sont observés : les hirondelles rustiques ou de cheminée dont une colonie est présente dans le village de Limonest, et les hirondelles de fenêtre qui tournent souvent par ici. Nous allons tenter d’attirer l’hirondelle de fenêtre, car le bâtiment s’y prête le mieux.
Nous allons donc pallier à la pénurie de logement!

C’est à partir d’un mélange de 1/3 de ciment, 1/3 de sciure et 1/3 de copeaux que nous allons bâtir nos nichoirs en forme de quart de sphère, avec une entrée. Ce matériau a plusieurs avantages: il est résistant et offre des propriétés d’isolation favorable à l’élevage des couvées.
Nous allons d’abord bien humidifier les copeaux et la sciure, avec de l’eau chaude, mais pas bouillante. Avant le mélange des trois matériaux, il faut bien essorer les copeaux pour évtiter d’avoir un mélange trop liquide.
Il est possible de confectionner soi- même des nichoirs en “papier mâché”, moins solides certes, mais avec de bonnes propriétés isolantes et un excellent confort. C’est l’occasion de débattre avec les participants de la nature des matériaux: il est possible de réaliser une colle à tapisserie écologique à base de farine, sucre, etc…

Pour la fabrication de ces nichoirs, deux méthodes se pratiquent: recouvrir un grillage avec le “béton de bois”, ce qui permet de fixer le futur nid directement sur le support en bois comprenant un toit; ou utiliser un moule en plâtre. C’est cette dernière méthode que nous utiliserons. Elle a pour avantage de pouvoir en faire beaucoup en peu de temps…

Les “petites mains” se mettent au travail…une protubérance du moule permet de réaliser l’entrée du nichoir; à cet endroit on ne mettra pas de “béton de bois”.

Les nichoirs sont terminés. Il faut attendre qu’ils sèchent, puis nous les collerons sur deux supports en bois, une planchette contre le mur, l’autre sera le toit, protégeant ces petites habitations…

En attendant le séchage des nichoirs, nous partons pour une balade nature dans les environs de la chèvrerie. Nous essaierons d’observer les oiseaux et autres petites bêtes.

Nous sommes suivis par quelques hirondelles rustiques (ou de cheminée) qui effectuent devant nous des vols spectaculaires au ras du sol avec une rapidité époustouflante, puis elles prennent de la hauteur. Nous admirons les figures de looping et chandelles en plein ciel. Cette démonstration était spécialement réservée par notre association depuis bien longtemps!!! Ces petits oiseaux infatiguables ne pèsent qu’une dizaine de grammes et effectuent un voyage annuel entre 7000 et 10000 kilomètres!

Nous abordons un étang. Un héron cendré nous fait le plaisir de passer au-dessus de nos têtes….
Une plume ramassée permet à Christophe de donner une explication sur le rôle des plumes de l’aile. Leurs formes permettent de les situer et de comprendre leur utilité dans le vol.

De retour de notre expédition nous visitons l’exploitation de Corinne et Alain Blin, éleveurs et producteurs de fromages de chèvre bios.

Les nichoirs ont eu le temps de sécher et nous procédons à leur pose sur le bâtiment de la ferme.
Cette année avec beaucoup de chance, nous pensons avoir des habitants lors d’une deuxième nichée en juillet…Sinon, les hirondelles ayant des moeurs grégaires, nous tenterons de les attirer l’année prochaine en posant un petit magnétophone diffusant le cri de l‘hirondelle de fenêtre. Affaire à suivre….

Nous terminons cette matinée bien occupée par un pique-nique au bord du lavoir…