Installation maraîcher Monts d’Or (3)

Les Jardins « Terre d’Or » , une utopie ?

Chapitre 3

~ Des graines à tous vents… ~

Il était temps de reprendre le fil de l’histoire des Jardins « Terre d’Or » et de son concepteur Etienne… Depuis plus d’un an, il s’est déroulé bien des événements, et du côté de l’association Roch’nature, et du côté d’Etienne. Pour permettre une bonne suite aux deux précédents reportages de mars et septembre 2014, nous jouerons aux journalistes et poserons quelques questions à notre jeune ami.

(n’hésitez pas à prendre connaissance des reportages en cliquant sur les liens mars et septembre)

ROCH’NATURE : depuis septembre 2014 , date de notre dernier reportage sur la mise en place de ton projet de maraîchage sur Poleymieux, tu n’es certainement pas resté les deux pieds dans la même galoche ! Nous avons entendu parlé de Fromente à Saint Didier au Mont d’Or, d’un grand espace jardiné. Qu’en est-il ? Peux-tu nous dire comment tu as investi ce nouveau lieu ?

ETIENNE :  le jardin de Fromente ¹ suit l’idée du projet Terre d’Or qui est de créer des jardins, lieux de vie où l’on produit des légumes, conserve et adapte des semences paysannes locales et partage autour de l’organisation d’ateliers sur des thématiques liées au contact entre la Nature et l’Humain. Bien entendu comme chaque jardin a des particularités propres, nous nous sommes adaptés au lieu et avons le souhait de créer une « microferme pédagogique » au sein de laquelle je développe mon activité de maraîchage. D’autres activités, comme les animations et la production de semences en partenariat avec le CRBA² se font sur le terrain qui va peut-être accueillir prochainement un bâtiment rénové dans lequel notre matériel de séchage, tri, ensachage et stockage des semences va être mis en place. Ce matériel est mutualisé avec d’autres jardiniers, l’autre idée majeure du projet Terre d’Or étant de créer du lien entre les personnes.

 

ROCH’NATURE : cette saison 2015 a-t-elle été productive et quels sont les légumes dont tu es le plus satisfait ?

ETIENNE :  cette saison s’est très bien passée, j’ai pu fournir une dizaine de paniers par semaine de juin à mi novembre. Les « clients » m’ont fait de bons retours sur les légumes, appréciant le goût et la fraîcheur des tomates et carottes et ont découvert des légumes et goûts nouveaux. Les haricots n’ont pas été une réussite, je dois récolter de manière plus régulière et sélectionner des variétés paysannes n’ayant pas de fil ! Je n’ai eu que très peu de maladies mais j’ai pu prendre conscience que l’ aménagement que je mettais en place petit à petit pourrait permettre de produire une quantité importante de très bons légumes. Je souhaite construire une relation proche avec les « clients » et cette année m’a permis de comprendre leurs attentes, connaitre les prix justes pour eux et pour moi. Je prends un grand plaisir à préparer les paniers et je mets tout mon cœur quand je récolte et nettoie les légumes.

 

 ROCH’NATURE et ton terrain sur Poleymieux, que devient-il ? L’as-tu jardiné également ?

ETIENNE le jardin de Poleymieux accueille désormais 34 arbres fruitiers de variétés anciennes et locales ainsi que des arbres mélifères, fixateurs d’azote et autres éléments. L’idée est de mettre en place un verger potager avec sous les arbres des fleurs, des plantes aromatiques et médicinales et des engrais verts. Toutes les planches sont semées en engrais verts pour pouvoir créer de la diversité et nourrir les arbres (c’est la fonction des fabacées aux jardins). Des groseilles, groseilles à maquereau, cassis, framboises et mûres sont également plantés aussi sous les arbres et sur le mandala. Sur les terrasses, je cultive sans eau les variétés de légumes dont je veux adapter et récupérer les graines. Le système de baissières fonctionne à merveille car les tomates, aubergines et courges qui étaient sur les terrasses cette année n’ont pas souffert de la chaleur importante du mois de juillet ( 40 degrés, exposition sud ! ). L’eau s’infiltre par les baissières situées en amont et permettent probablement une irrigation indirecte des plantes qui viennent chercher l’eau infiltrée.

 

ROCH’NATURE : l’année dernière, tu nous faisais part de ton souhait de produire des variétés anciennes . Où en est ta collaboration avec le CRBA ?

ETIENNE : l’association Terre d’Or avec entre autres, Thierry Guyot du jardin collectif de Charézieux à Collonges, a été financée par la Métropole de Lyon, dans le cadre d’un PSADER PENAP ³, afin de produire en plus grosse quantité et d’adapter les semences paysannes locales. Cela va permettre d’acheter le matériel que l’on mutualise et que j’évoquais plus haut (séchoir, matériel tri, d’ensachage, stockage…)

Notre souhait est de sélectionner les semences par addition c’est-à-dire que l’on « fait subir » aux plantes des maladies, des conditions de sécheresse pour qu’elles apprennent à résister. Ainsi, nous récupérons les graines de toutes les plantes et pas seulement celles qui ont des fruits sans mildiou par exemple. Cette « population » de graines qui s’est adaptée, est ressemée l’année suivante et les plantes subissant d’autres conditions climatiques vont apprendre de nouvelles choses. Ces résistances qu’elles développent sont en corrélation avec leurs qualités nutritives.  Cela demande que les plantes apprennent à résister seules et sans artifices humains (engrais bio, traitement bio).

ROCH’NATURE : l’association « Terre d’Or » a donc vu le jour.  Quelles initiatives projettes-tu pour l’année 2016 ?

ETIENNE l’association Terre d’Or est en train d’être finalisée et les premiers achats de matériel débuteront ce mois de janvier.  Nous travaillons aussi avec une entreprise parisienne qui construit et vend des vélos électriques sur un prototype de vélo tracteur. Le gros projet de l’année 2016 sera la rénovation de l’ancienne serre à Fromente et la mise en place de la production de semences collectives.

Pour préciser, l’association Terre d’Or est née de l’idée que mes efforts d’installation pourraient être mutualisés car le travail que nécessite la création de jardins qui sont pensés pour être très variés et regorgeant de biodiversité demande beaucoup de temps et de connaissances. Mon activité de maraîchage s’insère ainsi dans un projet de groupe et bien entendu, je suis adhérent de l’association !

Si vous êtes intéressés par le projet Terre d’or, par les légumes que je propose, n’hésitez à me contacter par mail (e.jacquemet@gmail.com)

ROCH’NATURE : Etienne, depuis bientôt deux ans, ton projet d’installation sur les Monts d’Or a donc considérablement avancé. Peux-tu nous dire ce que tu souhaiterais encore améliorer et pourquoi ?

ETIENNE : l’amélioration est constante dans le sens où l’on apprend beaucoup de la pratique et des « erreurs » que l’on fait. Pour ma part, cette installation progressive me laisse le temps d’apprendre, d’observer et de faire évoluer le projet. Au fur et à mesure du temps, le jardin se développe, les graines apprennent à être plus fortes et j’apprends à évoluer et à comprendre la nature, les besoins des personnes qui me demandent des légumes et moi-même. Dans cette dynamique d’évolution constante tout reste à améliorer et à consolider mais je suis certain que si je mets une énergie qui vient du cœur, l’abondance sera là, les belles surprises, les belles rencontres comme l’a été celle avec Roch’nature et l’avancée du projet me le confirme.

Merci du fond du cœur à l’association Roch’nature…

ROCH’NATURE : merci aussi à toi, Etienne! Nous constatons que tu travailles en réseau avec de nombreux partenaires et que ton projet comporte de multiples dimensions, éducatives, expérimentales, sociales. Nous te souhaitons une belle réussite et attendons tes légumes de 2016 avec impatience. Tu peux compter sur nous pour défendre les terres agricoles dans le vallon de Rochecardon et les Monts d’Or !

Propos recueillis par Claude MILLET, secrétaire de Roch’nature

(¹) Le terrain de Fromente se situe à proximité du Collège privé Chevreul-Fromente ;  Etienne est actuellement en location avec l’association qui gère l’établissement . Ce terrain fait environ 2 ha…
(²) CRBA : Centre de Ressources de Botanique Appliquée basé au Parc de la Croix Laval à Marcy l’Etoile (69)
(³) PSADER PENAP: association de Projet Stratégique Agricole et de Développement Durable et de Protection des Espaces Naturels et Agricoles Périurbains dans l’agglomération lyonnaise .  Objectif : protéger les espaces non bâtis tout en soutenant les projets agricoles et de développement rural.
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